Intervention d'accueil par Jean-Pierre APCHER,

Président du CDPE du Puy-de-Dôme

 

 

C'est avec un immense plaisir que je vous accueille au nom de la FCPE 63, Bienvenue à Clermont Ferrand, Bienvenue dans le Puy de Dôme et Bienvenue en Auvergne.

 

Vous tous, amis congressistes et invités, vous nous faites l'honneur d'avoir répondu présents, comme chaque année, afin de participer au 57e congrès national de notre Fédération.

 

Je tiens à remercier très chaleureusement :

            -tous les bénévoles qui se sont investis sur ce projet fédérateur depuis plusieurs mois,

            -les salariées du conseil départemental, Annie, Anne et Laëtitia avec lesquelles nous avons pu compter pour leur exceptionnelle efficacité et professionnalisme,

 

J'associe également les trois étudiants de l'IUT de Vichy pour leur participation à l'aspect communication de notre CDPE.

 

L'ensemble du conseil d'administration et du groupe de pilotage sont heureux de vous recevoir à Polydôme pour ce rendez-vous annuel.

 

Nous espérons que vous allez passer trois journées inoubliables avec nous, du moins, vous pouvez penser que nous ferons le maximum pour que congrès soit une réussite, nous y avons apporter toute notre volonté ainsi que notre désir de bien faire.

 

 

Je vous propose à travers quelques cartes postales de vous faire découvrir notre Région l'Auvergne, notre Département le Puy de Dôme et en fin la ville qui vous reçoit Clermont Ferrand.

Alors si vous aimez les clichés, je vous en offre quelques uns :

 

L'Auvergne, c'est un très vieux caillou, un socle granitique posé depuis toujours au milieu de la France,

 Ses grands espaces naturels, ses magnifiques paysages et ses deux parcs naturels régionaux (celui des volcans d'Auvergne et celui du Livradois Forez),

 

Jeremy :

 

Bonjour, Moi c'est Jeremy.

D'accord, mais il y a ce que vous connaissez moins : les Auvergnats, des caractères bien trempés, un peu têtus, mais dont la richesse de cœur est aussi grande que les espaces où ils vivent.

 

Ces paysages sont façonnés par d'anciens volcans assoupis ; oui mais pendant combien de temps ! les dernières éruptions ne dateraient que de 3 000 ans !

La chaîne des Puys, les Monts Dores les Monts Dômes, le massif du Cantal (petit clin d'œil à nos voisins) rappellent l'importance du volcanisme dans notre région qui s'est concrétisée par la création du centre européen du Volcanisme.

 

Margaux :

 

Bonjour, moi c'est Margaux.

Les montagnes : il faut que ça servent  : cela me permet de faire de la randonnée, de l'escalade, du ski et du deltaplane.

 

Bien sûre on ne peut passer sous silence l'importance de l'eau dans notre région : onze stations thermales offre une gamme importante en matière de thermalisme. Sans oublier les innombrables sources minérales naturelles qui finissent souvent sur votre table

 

Jeremy : Et c'est qui, qui possède l'eau la plus chaude d'Europe ? C'est nous !  à Chaudes-Aigues : 82° ; attention chaud !

 

Pour conclure l'Auvergne, faisons comme un bon repas, terminons par notre plateau de fromages : quatre appellations d'origine contrôlée vous permettrons d'apprécier toute les saveurs de nos montagnes.

 

Margaux : Bon c'est pas la peine d'en faire tout un fromage !

 

 

 

Approchons nous du département du PUY DE DOME, à quoi pensez vous?

 

Bien sûr, au Puy de Dôme lui-même. il en est le symbole. Les Clermontois n’ont d’yeux que pour lui. C’est un objet affectif, un repère que l’on guette dès que l’on s’en éloigne, en même temps qu’un baromètre efficace que l’on consulte plusieurs fois par jour.

Redouté par les cyclistes Il est l'un des sites touristiques les plus visités de France.

 

Jeremy : Ok, le Puy de Dôme on connaît. Mais c'est avant tout, de l’espace et un grand bol d’air. Des week-ends de trois jours ne suffisent pas pour tout faire !

 

Si je vous parle de Vercingétorix, tous le monde connaît ce valeureux chef arverne vainqueur de Jules César à Gergovie en 52 avant  notre ère,

 

Margaux : Oui, mais pour moi c’est le pays de Gaspard des Montagnes, le héros du roman de Henri Pourrat, écrivain et conteur né à Ambert……….dans le Puy de Dôme !

 

Notre département est aussi réputé pour son patrimoine culturel et d'art roman : édifices religieux, châteaux ; villages perchés, les amateurs (j'en connais au moins un !) pourront en apprécier toutes ses richesses.

 

Jeremy : Du vieux tout çà ! et le circuit de charade: un circuit automobile parmi les plus beaux et les plus difficiles d’Europe ; et la Voxan la seule moto française fabriquée à Issoire ! et la 2 cv dont l'inventeur est né dans notre département ! Et là, pas calmé !

 

Enfin, le Puy de Dôme, c’est la pierre noire de nos bâtiments, pierre noire de Volvic, matériau indispensable qui, si elle peut paraître triste et sombre, est réputée pour sa dureté et sa résistance aux hautes températures.

 

Margaux : Si vous êtes artiste ou amateur de savoir-faire, il y a aussi la lave émaillée, la coutellerie, le papier à l'ancien et la verrerie…… mais ……vous n'aimez peut-être pas ?

 

 

 

Ah !!! Cler-mont Fer-rand, Quelques grands classiques de vos connaissances :

 

On ne peut citer notre ville sans pensez aux pneus, à un grand manufacturier et à Bibendum son illustre emblème.

 

Jeremy : Blaise Pascal, çà vous dit quelque chose, c'est sa ville natale, vous voulez qu'il mesure la pression - atmosphérique bien sûre !

 

La métropole auvergnate recèle, à travers ses rues et ruelles de magnifiques vestiges historiques. Elle est également réputée pour ses quatre musées et ses collections d'art.

 

Margaux : Oui mais si on parle de toiles, je préfère celles du festival international du court métrage !

 

En fin, Clermont c’est aussi une ville qui bouge, résolument tournée vers l’avenir.: aujourd’hui, pas moins de 20 000 étudiants et, pour eux et les autres, des lieux culturels et de spectacles (la Coopérative de Mai, la Comédie de Clermont, scène nationale, et bientôt le Zénith !…)

 

JeremyAh, ça, pour bouger, ça bouge ! d'ailleurs je commence à m'impatienter …..

 

 

Voilà, Margaux et Jeremy m'ont accompagnés dans ce voyage plein de découvertes, j'espère qu'il aura suscité en vous curiosité et envie de revenir nous voir après ces trois jours dédiés à notre fédération.

 

 

FRANCOISE :

 

Notre département ce sont aussi des familles, des parents d'élèves que nous connaissons et avec lesquels nous agissons pour donner à nos enfants et nos jeunes un enseignement de qualité, équitable pour tous mais aussi une éducation à la citoyenneté rendue plus nécessaire encore aujourd'hui.

 

Notre Conseil départemental créé en 1951  bien entendu la première fédération de parents d'élèves du Puy de Dôme. Elle compte actuellement 3 900 adhérents répartis en, une centaine de conseils locaux environ.

 

Nos actions sont dirigées vers les parents d'élèves à travers les conseils locaux : formation, information, communication ont été souvent les maîtres mots qui ont rythmés l'action départementale.

 

Je profite de l'occasion pour vous inciter à découvrir le site Internet de notre département qui vous donnera une idée des actions accomplies.

 

Nos élus FCPE sont présents dans toutes les instances de l'Education nationale, ils œuvrent avec le souci constant d'être, non seulement une force de proposition mais également un partenaire et un interlocuteur à part entière, reconnue et écoutée par nos partenaires politiques, syndicaux et associatifs.

 

Notre département compte 48700 élèves dans les établissements publics du 1er degré, 23300 collégiens et 16200 lycéens répartis entre 550 écoles publiques, 60 collèges et 26 lycées

 

Les points essentiels de la politique éducative mise en place sur notre département s'articulent autours de différents dispositifs : mise en réseau d'établissements, accueil de gens du voyage, R.E.P , ….

Il est vrai que la particularité majeur du Puy de Dôme est la bipolarité en matière de territoires : une métropole régionale importante et un ensemble de secteurs géographiques ruraux avec des baisses sensibles de populations.

 

Cette particularité territoriale est un enjeu majeur de notre développement dans les années à venir, qui a et qui aura des répercussions notoires sur les politiques éducatives locales avec le soucis constant d'une répartition équitable des moyens mis en œuvre pour maintenir un enseignement de qualité.

 

Dans le contexte actuel, nous devons, en tant que parents,, nous montrer ambitieux et exigeant pour l'éducation de nos enfants et la défense du service public d'éducation..

 

 

 

 

 

 

 

La FCPE du Puy de Dôme continuera à se battre pour le maintien des moyens actuels d'enseignement ainsi que pour le maintien de la qualité des projets élaborés sur notre département.

 

Nous sommes tous des parents, des parents d'élèves mais aussi des parents citoyens, pendant ces trois journées, nous aurons tout à loisir de nous exprimer, de débattre, de confronter nos idées mais aussi de réaffirmer nos convictions et nos valeurs.

 

Pour conclure , je tiens à remercier

le Conseil Régional d'Auvergne,

le département du Puy de Dôme représenté ici par son Président, Pierre Joël BONTE,

la ville de Clermont Ferrand en la personne de Serge Godard,  Maire et Président de la communauté de Communes : Clerrmont-Communautés, ses adjoints et élus présents parmi nous aujourd'hui.

 

 

Au nom du conseil départemental qu'ils soient remerciés pour l'aide et le soutien apporté à l'organisation de ce congrès.

 

Au registre des remerciements il y a toujours des oubliés, alors j'associe tous ceux et celles qui de prés ou de loin, ont ou vont contribuer à la réussite de cette manifestation : chacun aura une part de cette réussite et dans nos cœurs et nos mémoires, ils ne seront pas oubliés.

 

Je vous redis notre plaisir de vous accueillir,

 

Bon congrès à tous !

 

 

 

 

 

 

 

SMS MARGAUX : OUF ! pa tro to

 

SMS  JEREMY : é oui, sa tchatch ! lé paren !

 

Bon ! nous, on n'a pas que ça à faire,

 

Trois jours de tranquillité sans vous : quelle chance !

 

Travaillez bien pour une fois !

 

 


Congrès national de la FCPE

Intervention de Pierre-Joël Bonté

Président du Conseil général du Puy-de-Dôme

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs les délégués,

Vous avez choisi le Puy-de-Dôme pour tenir votre 57ème congrès et je vous en remercie. Le Conseil général a tenu à être associé à cette

manifestation et s'est investi pou rendre votre séjour agréable et votre congrès profitable.

Dans le contexte actuel de débat dans l'éducation nationale, de réflexion sur l'organisation du système scolaire, sur la place de

l'élève, sur le collège unique, il est important que les parents fassent entendre leur voix collectivement et dans la recherche de

l'intérêt général.

Les égoïsmes, les corporatismes, les individualismes dominent notre société. Cet éclatement social nous a conduits au 21 avril, avec un

candidat de l'extrême droite au second tour de l'élection présidentielle.

Les thèmes que vous avez choisis d'aborder, dans les jours qui viennent, montrent que vous avez conscience de ces problèmes, de ces

questions de société.

En tant que parent d'élèves, vous auriez chacun pu faire le choix de suivre la seule scolarité de vos enfants. Vous avez préféré vous

investir pour l'ensemble des élèves et pour un service public d'éducation nationale de qualité, qui permette à tous de réussir et

forme des citoyens responsables. A l'heure où le bénévolat et l'engagement militant sont délaissés, je vous félicite pour votre

action et pour les idéaux qui vous guident.

En tant que Président du Conseil général, collectivité partenaire de l'Education nationale depuis les lois de décentralisation de 1982,

je voudrais évoquer devant vous un sujet brûlant et au coeur de l'actualité ... les projets de décentralisation du gouvernement

Raffarin en matière d'éducation. Je souhaiterais également vous présenter l'action du Conseil général du Puy-de-Dôme en faveur des

élèves et notamment des collégiens afin de vous convaincre que les collectivités peuvent apporter beaucoup, mais bien sûr, dans le

cadre d'un système éducatif qui reste public et national.

Le Conseil général du Puy-de-Dôme s'est exprimé dès le mois de novembre sur la décentralisation proposée par M. Raffarin. Nous

avons notamment exprimé notre inquiétude quant à la menace qu'elle fait peser sur l'égalité républicaine et sur la République telle que

nous la connaissons. Nous pensons que cette décentralisation ouvre la voie au régionalisme politique, à une France à 26 vitesses. Nous sommes

notamment inquiets devant un droit à l'expérimentation qui, sans limites, ne pourra qu'accroître les inégalités entre territoires favorisés et territoire en difficultés.

Nous considérons également que la décentralisation Raffarin est un mauvais coup pour le contribuable et les collectivités locales.

Sans moyens suffisants, le transfert de compétences aux collectivités se traduira inévitablement par une hausse de la

fiscalité locale. L'Etat se désengage -on l'a vu avec l'Allocation personnalisée d'autonomie-, décentralise ses déficits et baisse

l'impôt sur le revenu. Dans le même temps, les collectivités doivent et devront faire face en augmentant la pression fiscale.

Nous pensons que la décentralisation Raffarin est aussi un mauvais coup pour l'Education nationale. Elle marque sa fin programmée. Les

personnels de l'Education nationale en sont conscients et leur mouvement est dans le vrai.

Le transfert aux collectivités locales des personnels techniciens, ouvriers et de service, des médecins scolaires, des Conseillers

d'orientation psychologues et des assistantes sociales ne se justifie pas en lui-même. Il n'apportera aucune plus-value aux

usagers de l'école. Il n'est que le premier étage de la fusée Raffarin qui vise à démanteler l'Education nationale et à

régionaliser l'école. L'éloge de l'école canadienne faite la semaine dernière par le Premier Ministre montre bien son objectif.

Au Canada, il n'existe plus d'Education Nationale. Chaque région est entièrement autonome et maître de sa politique éducative.

Les conditions d'étude, les programmes doivent être les mêmes pour toutes les filles et les fils de la République qu'ils habitent en

milieu rural isolé, en centre-ville ou dans les quartiers dits difficiles. C'est ce qui a fait la force de notre pays et son unité.

La décentralisation est une grande et belle idée. Elle doit s'inspirer des valeurs fondamentales d'égalité, de solidarité et de

démocratie. Elle doit permettre d'améliorer l'efficacité du service public, de faire reculer les inégalités, d'harmoniser les

territoires. Elle doit avant tout être au service des Hommes. Elle n'a de sens que si elle vise à offrir à tout individu, quel que soit

son environnement social, les mêmes chances d'émancipation. E n'est pas ce que vous propose aujourd'hui M. Raffarin.

Si nous sommes attachés au caractère national de l'Education, pour autant, nous ne pensons pas que les collectivités locales et

notamment les conseils généraux, doivent en être absents. Je souhaiterais vous en convaincre en vous présentant quelques axes

de l'action du Conseil général du Puy-de-Dôme en matière d'Education.

Depuis 1982, les conseils généraux ont la responsabilité des bâtiments des collèges. Dans notre département, le parc de collèges

est de très bonne qualité et tous les collèges de type "Pailleron" ont été entièrement restructurés. Le Conseil général investit en

moyenne 27 Millions d'euros par an pour les bâtiments et l'équipement des collèges.

Cette maîtrise de la politique bâtimentaire permet de vrais choix politiques qui concilient aménagement du territoire et égalité des

conditions d'enseignement sur le département. Nous faisons par exemple un effort très significatif pour un collège

qui se trouve particulièrement isolé : le collège de Saint Anthème aux confins du Puy-de-Dôme et de la Loire. La réhabilitation de cet

établissement et notamment et notamment de l'internat va permettre à cette zone isolée de bénéficier d'infrastructures de qualité et donc

de stabiliser, voire développer ses effectifs. Aménager le territoire, c'est aussi un effort soutenu pour des

collèges classés en ZEP. Le Conseil général est en train de restructurer le collège Albert camus, situé dans les quartiers Nord

de Clermont. L'objectif est de faire de ce collège, un des plus beaux du département. Effort financier puisque près de 10 millions

d'euros sont affectés à cette réhabilitation (le double d'une réhabilitation "classique"). Effort de concertation également

puisque les élèves comme les parents d'élèves, les habitants du quartier et les équipes pédagogiques ont été associés à la

définition du projet et au suivi des travaux.

Au-delà de cette politique bâtimentaire, le Conseil général intervient dans la vie scolaire avec des aides qu'il attribue aux

collégiens mais aussi aux lycéens, apprentis et étudiants, sous forme de bourses.

A partie de la rentrée prochaine, nous avons décidé de renforcer nos aides aux familles les plus défavorisées. 800 familles

supplémentaires pourront prétendre à notre aide grâce à une augmentation du plafond de ressources.

Mais la grande nouveauté de la rentrée prochaine, c'est notre effort pour développer la demi-pension et l'internat.

En effet, nous pensons que pour beaucoup d'élèves, la demi pension permet, outre un repas équilibré à midi, ce qui n'est pas

négligeable, de bénéficier d'un encadrement et d'activités propres à développer des comportements citoyens.

L'internat pour nous doit aussi être développé. Entendons-nous bien, pas l'internat à la papa ! Nous allons tenter de proposer aux élèves

un internat moderne, attractif, souple qui permette de concilier de bonnes conditions d'étude avec des activités péri et para-scolaires.

Il nous semble que l'internat peut être bénéfique à de nombreux élèves qui ne disposent dans leur environnement familial d'une

sérénité suffisante pour mener une scolarité satisfaisante. Privilégier la demi-pension et l'internat ne sont pas pour nous des

paroles en l'air ou des voeux pieux. Pour les collégiens issus des familles les plus modestes, grâce au

renforcement de nos aides, la demi pension coûtera 26 centimes d'euros par repas (1 franc 70) et la pension 70 centimes d'euros par

jour (4 F 60).

Nous souhaitons aussi que l'internat soit finalement moins cher que le total demi-pension et transport scolaire.

Je précise toutefois que nous n'entendons pas l'internat rural comme une réponse sécuritaire aux problèmes du milieu urbain.

En matière budgétaire, nous affecterons cette année près de 2 millions d'euros à notre politique de bourses départementales, soit

+ 36 % par rapport à 2002. A l'heure où le gouvernement a choisi la rigueur et le repli frileux, le Puy-de-Dôme reste fidèle à sa ligne

politique : faire vivre la solidarité des hommes et des territoires. En termes de méthode, nous avons pris l'attache de tous les

partenaires de l'Education nationale pour présenter nous nouvelles aides. La FCPE a donc été consultée et, M. Apcher ne me contredira

pas, a jugé que cette réforme, visant à soutenir les familles les plus modestes, allait dans le sens souhaitée par la FCPE.

Nous nous en félicitons.

Le Conseil général intervient également dans l'éducation nationale, en menant, aux côtés des enseignants, des actions citoyennes. Je

n'évoquerai que les deux plus marquantes. En 1998, à l'occasion du 50ème anniversaire de la déclaration

universelle des droits de l'Homme, nous avons organisé un grand concours auquel 8000 collégiens ont participé. 300 lauréats sont

partis à Paris, au siège de l'Unesco et, pour les 101 premiers (dont un par collège) à New-York, au siège de l'ONU.

Cette année, dans le cadre de l'année internationale de l'eau, nous avons mis sur pied l'opération des "Messagers de l'Eau". Des

échanges de collégiens du Puy-de-Dôme et de nombreux pays du monde (Chili, Côte d'Ivoire, Espagne, Mali, Islande...) leur ont permis de

se rencontrer et de travailler sur l'eau. Les rencontres internationales des Messagers de l'Eau qui viennent de se dérouler à

la Bourboule ont réuni des collégiens de 21 nationalités. Ils ont rédigé une Charte des Messagers de l'Eau qui sensibilisent les

enfants aux enjeux de l'eau.

Politique bâtimentaire, aides aux collégiens, actions de sensibilisation et d'éveil à la citoyenneté, j'aurais pu évoquer

l'aide que nous apportons à de nombreux organismes intervenant dans le domaine péri-scolaire, j'espère vous avoir convaincu de ce que

peut apporter une collectivité, pour une meilleure scolarité des élèves.

Mais j'insiste toutefois sur le respect du caractère national de l'Education. Je ne suis pas candidat pour recruter les enseignants

et les personnels de service ou rédiger les programmes. C'est de la responsabilité de l'Etat. C'est l'unité de notre République laïque

et sociale.

Je vous souhaite un bon congrès et de fructueux travaux.

Je vous remercie.


Discours d’ouverture du Président de la FCPE,

Georges Dupon-Lahitte

 

 

Cher(e)s Ami(e)s, cher(e)s Camarades,

 

 

A l’issue de notre congrès 2002, nous faisions un constat, et tracions des perspectives d’action pour l’année à venir.

 

Ø Un constat

Celui d’un pays en crise politique et en pleine incertitude pour les temps à venir.

 

Les élections passées, le gouvernement Raffarin nommé, la crise politique et sociale se confirme, s’amplifie, s’enkyste et l’incertitude n’a jamais été si grande.

 

Ø Un rappel

«Nous ne dépendons de personne –[ réaffirmions-nous en mai de l’an dernier au congrès d’Arras ]– et quelles que soient les orientations de la politique éducative du gouvernement qui sortira prochainement des urnes, nous nous en tiendrons au cap que nous avons fixé ensemble».

 

Ø Des perspectives d’action organisées autour de quatre points forts :

-          défendre et promouvoir un enseignement de qualité dans un service public qui garantisse l’égalité de tous les jeunes sur le territoire ;

-          revendiquer la prise en compte de toutes les différences pour faire de l’école de la République, l’école de l’intégration pour tous ;

-          rester fermes et déterminés sur l’instauration de la gratuité ;

-          confirmer et renforcer la place des parents à l’école et ne jamais renoncer, quels que soient les obstacles, à réclamer le statut de parent délégué.

En quelques mois, ce gouvernement aura réussi le tour de force de créer toutes les conditions d’un mouvement revendicatif dont les effets – quelle que soit son issue – affecteront durablement le climat social.

 

Le gouvernement est en position d’échec, non pas parce qu’il met en œuvre une politique pour laquelle il affirme avoir été élu, ce qui est contredit par le silence assourdissant des candidats en matière de politique éducative aux moments des dernières élections, mais parce qu’il est dans l’incapacité totale de dialoguer avec les citoyens.

 

Il s’agit bien de la fracture entre deux «France(s)» dont le Premier Ministre fait son slogan favori : une France qui prescrit et une France qui subit, une majorité politique qui impose, et inévitablement des citoyens qui explosent, car le gouvernement ne veut pas discuter, le gouvernement ne veut pas négocier, le gouvernement ignore et méprise le dialogue social.

 

Dès le mois de juillet, nous étions fixés.

Dès le mois de juillet, la priorité du gouvernement était de verrouiller en mettant en place une politique sécuritaire sans précédent, auquel notre système éducatif n’a pas échappé : priorité du répressif sur l’éducatif ; faisant – souvenons-nous – du problème complexe de l’absentéisme un quasi-délit.

 

A cette époque déjà, avant même que le Ministre de l’Intérieur ne relègue définitivement son collègue de l’Education nationale au banc des remplaçants, nous nous interrogions pour savoir si Monsieur SARKOZY n’était pas le véritable ministre de l’Education nationale.

 

Déjà, à cette époque, à propos de la suppression de postes, s’installait une cacophonie inquiétante entre le ministre de l’Education nationale, Luc FERRY et son ministre délégué, Xavier DARCOS, le premier tentant de démentir maladroitement les propos du second, propos qui devaient, par la suite, être tristement avérés.

Déjà le ton était donné, la ligne politique affirmée, la méthode déployée : annoncer sans discuter, imposer sans négocier pour faire rentrer la politique d’éducation dans les habits trop étroits d’une politique de régression budgétaire : abandon du plan pluriannuel de recrutement, suppression des surveillants et des aides-éducateurs pour ne citer que les exemples les plus connus.

 

Le Ministre de l’Education nationale a vite appris la leçon : annonçant à grand frais – au propre comme au figuré – un grand débat sur l’éducation, puis le réduisant comme peau de chagrin pour à nouveau le promettre, le Ministre a, pour l’heure, clos ce chapitre en diffusant sa «lettre à tous ceux qui aiment l’école».

 

 

Car cet ouvrage est l’exacte antithèse du débat : loin de proposer à la Nation un projet éducatif cohérent (quel enseignement pour quels savoirs, pour quels citoyens et pour quelle société), il se contente d’un rappel  des «  dix réformes prioritaires pour l’action du ministère », agrémenté de considérations qui relèvent de l’homme privé.

 

A cet égard, le sous-titre de cette lettre – « pour expliquer les réformes en cours » - est, on ne peut plus éclairant. On nous propose une explication de texte, et non une invitation à la confrontation d’idées visant à faire émerger majoritairement des principes, une logique, et quelques grands axes prioritaires.

 

800 000 exemplaires de ce document ont été fournis gratuitement aux seuls enseignants. Tous les autres ( celles et ceux qui aiment aussi l'école…) : personnels d'éducation, d'administration, ouvriers de santé, de service, parents d'élèves, élus, simples citoyens, devront se précipiter dans les librairies pour se rendre acquéreurs, à titre onéreux, des 20 000 exemplaires restants.

 

Il s'agit d'une dépense inutile, aux frais de l'ensemble des contribuables, car elle bénéficie uniquement à celles et ceux qui sont déjà largement informés des priorités ministérielles.

Et, au même moment, on nous dit que la scolarisation des enfants de moins de trois ans coûte trop cher,

on réduit effectivement le nombre de surveillants,

on programme à terme la suppression des aides-éducateurs,

on n'a pas de moyens pour organiser la campagne d'élections des représentants de parents d'élèves,

et, globalement, les crédits sont sévèrement revus à la baisse.

 

 

Il s’agit aussi d’un procédé contestable, car il pratique le mélange des genres entre les propos et les actes du représentant de l’Etat et ceux du citoyen-philosophe. Utilisation scandaleuse des deniers de l’Etat, qui montre que le ministre de l’Education nationale a une conception sélective des restrictions budgétaires.

 

××vØØ

 

Sur un certain nombre de grands principes rappelés par le ministre, le débat est sans objet : 

 

Qui conteste que l'école doit à la fois instruire, éduquer, préparer à la vie professionnelle ?

 

Qui s'oppose à la lutte contre l'illettrisme, contre la violence scolaire, et qui réfute ouvertement la nécessité de revaloriser l'enseignement technologique et professionnel ?

 

Qui ne souhaite combattre l'échec massif au niveau des premiers cycles universitaires, et qui ne souhaite  améliorer la formation des enseignants ?

 

Qui met aujourd’hui  sérieusement en doute l'existence d'une profonde fracture scolaire, fortement corrélée aux inégalités sociales et économiques qui affectent les familles aux revenus modestes ou en situation de précarité ?

Le débat ne porte donc pas sur l'exposé des principes et des valeurs affichés, mais sur l'analyse  politique que l'on fait de la situation et sur les solutions qu'on préconise pour que notre service public d'éducation offre à tous les jeunes le droit à la réussite.

 

De son analyse, personnelle, le citoyen Luc Ferry tire ce qu’il croit être et  appelle « les racines du mal ».

 

Il y aurait beaucoup à dire, à la fois sur l’emploi de l’expression en tant que telle et sur l’argumentation proprement dite, où s’entrechoquent les dénonciations de «  l’exacerbation" de l'individualisme, "l'idéologie de la rénovation permanente", "l'omniprésence de l'idéologie de l'expression de soi", "l'esprit critique plutôt  que le respect des autorités".

 

Mais là encore, l’auteur ne nous invite pas à interroger ses propos : avec une tranquille assurance, il étale ses postulats, dont le caractère éculé et littéralement réactionnaire ne cesse de surprendre.

Il se garde bien de poser le problème de fond qui mine notre système éducatif : celui du gouffre qui n'a cessé de se creuser et de s'élargir entre les attentes des jeunes et des familles et le caractère résolument sélectif, ségrégatif et élitiste de notre école, malgré des évolutions incontestables.

 

Refus du débat sur l’analyse, mais aussi absence de débat sur les orientations, puisque le ministre a déjà tranché sur les orientations qu’il compte imprimer à son action ministérielle .

 

C'est son droit le plus légitime, en tant que Ministre de la République, de décider et d'appliquer, en matière d'éducation, la politique du gouvernement auquel il appartient.

Mais qu’il ne feigne pas de nous convier au grand banquet démocratique, alors qu’il nous sert le plat unique de ses certitudes.

Seuls les naïfs seront surpris : qu'on se rappelle seulement la grande mascarade des assises régionales des libertés locales sur la décentralisation, qu'on se rappelle la négation des engagements pris sur la nécessité du dialogue social.

 

Les citoyens –et parmi eux les millions de parents d'élèves concernés au premier titre- n’auront pas leur mot à dire.

 

Qu'on en juge par quelques exemples significatifs.

 

 Sur le collège, pièce maîtresse de la scolarité car il constitue la "gare d'aiguillage" de tous les élèves, le Ministre, utilise frauduleusement  l'expression du "collège pour tous" et rétablit de fait une sélection précoce qui n'a rien à voir avec une véritable pédagogie de l'alternance. Selon le ministre, ce qui justifie le rétablissement de cette orientation en fin de 5°, c’est "l'accumulation du retard scolaire [qui] conduit de nombreux élèves à rejeter l'enseignement général".

Effarant !

 

 

 

Il suffit donc qu'un élève n'avance pas au même rythme que les autres, qu'il ne soit pas dans la "norme", pour que son destin scolaire soit définitivement scellé.

C'est ainsi que le Ministre conçoit la valorisation de l'enseignement professionnel :  « choisir » par défaut, parce qu’on ne marche pas au même pas que les autres.

 

Sur l'illettrisme, qu'il peine à définir et qu'il confond avec les problèmes d'apprentissage de la langue, il nous révèle la cause "profonde" : "le désamour de nos sociétés envers les traditions qui s'imposent à l'individu et s'opposent à notre goût pour l'innovation et la créativité. »

Comme le chantait Georges Brassens «mais, les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux ».

 

C'est ainsi qu'il peut s'attaquer sans crainte à l'école maternelle et se dispenser d’une réflexion de fond sur le déterminisme social qui stigmatise et enfonce les enfants de familles défavorisées.

C'est sans doute aussi en vertu de ce diagnostic indépassable qu'il juge inutile de s'appesantir sur les nécessités du suivi et de l'accompagnement des élèves, sur le traitement individualisé des difficultés scolaires.

C’est sur la base de ce constat définitif qu’il entend recentrer la mission des IUFM sur la seule maîtrise des connaissances.

 

Comment l'intellectuel qu'il est, peut-il sérieusement opposer les valeurs du travail et de l'effort à celles de la créativité et de l'innovation ?

 

A-t-il seulement lu les propos de sa collègue Claudie HAIGNERE qui, souhaitant redonner un nouveau souffle à l'enseignement et aux carrières professionnelles et scientifiques, fait appel, en quelques 20 pages, rien moins qu'à l'innovation, la créativité, l'imagination, l'audace, l'esprit d'aventure, afin "d'inculquer à tous les enfants un désir de science très tôt "?

 

Sur la violence scolaire, le Ministre admet intellectuellement "…que la meilleure des préventions est celle qui résulte de la lutte contre l'échec scolaire…". Il est même prêt à "…favoriser les pédagogies innovantes…" non sans avoir déploré juste avant que la crise de l'école soit essentiellement due à l' "exacerbation" de l'innovation au détriment de "la tradition"…

 

Tout en ayant à l'esprit que "la moitié des incidents graves se produisent dans moins de 10% de nos établissements", il n'en tire pas les conséquences.

 

Car la conviction du Ministre, c'est que "les punitions traditionnelles n'effraient plus les élèves, qu'il faut les réhabiliter en les modernisant".

 

C'est pourquoi, selon lui – et cette affirmation est une première- le dispositif relais (classes ou ateliers) "…a bien valeur de sanction, dans la mesure où l'élève est retiré de la classe ou de l'établissement où il se trouvait…".

 

On passe donc ainsi, sans concertation aucune, d'une conception éducative à une conception répressive de ces dispositifs dont la FCPE a toujours, dans des cas bien identifiés, reconnu la pertinence à partir du moment où il s'agissait, selon les termes de la circulaire originelle, de "recréer pour les élèves concernés, grâce à un accueil temporaire spécifique, les conditions d'une réinsertion effective ; et la plus rapide possible, dans une classe ordinaire de formation…".

Dans la continuité des centres éducatifs fermés chers à son collègue de la Justice, le ministre de l’Education nationale en a décidé autrement.

 

On pourrait ainsi multiplier les exemples : l’invitation à débattre est une formule de circonstance dès lors que les orientations fondamentales sont préalablement fixées.

 

Sans doute le ministre était-il trop pressé d’extraire « les racines du mal » comme la mauvaise graine ?

 

 

Sous la plume d’un ministre de la République, l’emploi de cette expression dégage une désagréable sensation de malaise, tant elle est lourde de violence contenue et d’une certaine forme de mépris.

On attendait, de la part du premier responsable de l’Ecole publique, des paroles fortes qui donnent de l’élan et qui entraînent la mobilisation collective pour la promotion du service public.

Il nous a livré la pensée pessimiste d’un système éducatif profondément gangrené, sous l’emprise d’on ne sait quelle machination diabolique dont Luc Ferry se ferait le grand exorciste.

Notre service public ne mérite ni cette indignité, ni des louanges aveugles : il recèle à la fois les conservatismes les plus enkystés et les dynamismes les plus prometteurs.

Il est en tout cas le seul  instrument qui permette à tous les jeunes, quelque soit leur « héritage » culturel et social, de se construire un avenir dans la richesse de la diversité humaine.

Cette ambition est aux antipodes de la contrition et de la flagellation intellectuelles.

Elle implique qu’on agrège les énergies, en ayant suffisamment confiance dans les responsabilité des acteurs sociaux pour ne pas craindre que la confrontation argumentée se réduise à un conflit stérile d’opinions.

 

Car, sur les problèmes de fond, il y avait matière à débattre.

 

Sur la place de l’enfant au centre du système éducatif par exemple.

Que dit le ministre ? Que cette formule a « quelque chose de juste », que « c’est bien pour les élèves que l’école existe et non l’inverse », mais que ce principe a « l’inconvénient de prêter trop aisément à de fausses interprétations pédagogiques ».

Faut-il donc renoncer à une idée juste au prétexte que certains la détournent de son sens ?

Le ministre doit-il céder à ces interprétations fallacieuses alors que le concept lui paraît apparemment pertinent ?

 

 

Sur le coût de l’éducation aussi.

« …On doit sortir de l’illusion que l’augmentation indéfinie et sans nuance des moyens suffit à résoudre toutes les difficultés… » dit le Ministre.

 

Certes, oui, répond la FCPE mais à une condition qui n’est pas négligeable : ce ne sont pas les moyens disponibles qui déterminent une politique d’éducation. C’est une politique d’éducation, préalablement définie, qui doit s’accompagner des moyens correspondants indispensables à sa mise en œuvre.

 

 

C’est pourquoi nous nous opposons au dispositif des assistants d’éducation qui n’est rien d’autre, sur le fond, qu’une simple mesure d’économie dont les conséquences sont en totale contradiction avec la volonté affichée de lutter contre la violence et de favoriser l’encadrement des élèves.

Sur les relations avec les parents d’élèves.

 

«… Ce qui ressort parfois, c’est le sentiment qu’ont les familles de ne pas être accueillies, ni écoutées… », souligne le ministre avec raison.

Pourtant, jamais la concertation avec leurs organisations représentatives n’a été aussi faible.

 

Pourtant, aucune impulsion n’a été donnée pour encourager le développement de la formation à la relation parents-enseignants dans les IUFM.

Pourtant, le dialogue interindividuel reste balbutiant et les délégués élus de parents d’élèves ont toujours autant de difficultés pour se faire entendre et se faire reconnaître comme des partenaires légitimes.

 

De reports en renoncements, de  restrictions budgétaires en replis idéologiques, le gouvernement a laissé s’installer au sein de l’Education nationale une atmosphère délétère.

Alors que nous attendions du ministre qu’il mobilisât les énergies pour « relever le défi du savoir et de l’intelligence », nous n’avons eu droit, dans sa lettre, qu’aux confessions d’un homme qui n’est pas de son siècle.

 

Pour autant, la politique profondément conservatrice du ministre de l’Education nationale n’exonère en rien la responsabilité collective du gouvernement et de son Premier ministre.

 

Elle est en parfaite cohérence avec la politique sécuritaire, autoritaire, hiérarchisée du Ministre de l’Intérieur et avec la logique libérale que le Premier ministre, sous la houlette du Président de la République, imprime à l’action de son gouvernement.

Le Premier ministre est pleinement responsable de la politique éducative, car il a affirmé devant nous qu’il comptait piloter à son niveau ce dossier qu’il considère comme prioritaire.

 

Il est donc le premier responsable d’une politique que nous analysons comme conduisant progressivement au démantèlement du service public d’éducation.

 

 

 

Le Premier ministre est directement responsable de la façon dont il conduit, de façon autoritaire, une politique de décentralisation d’un certain nombre de personnels de l’Education sans dire où cette politique mène, à quoi elle sert, et en quoi elle est de nature à favoriser, in fine, la réussite scolaire, individuelle et sociale de nos enfants et de nos adolescents.

 

Politique bâclée, politique hâtivement bouclée d’une décentralisation jetée en pâture à une majorité parlementaire impatiente, sur fond d’économies budgétaires, majorité parlementaire qui, une fois son jouet obtenu, s’inquiète déjà de savoir comment il va pouvoir le faire fonctionner sans mécontenter un électorat qui craint de nouvelles ponctions fiscales.

 

Politique de l’entêtement, du passage en force, sans concertation, dans le mépris des partenaires sociaux, qui aboutit à faire du principe de décentralisation un facile bouc-émissaire, posture qui n’est pas celle de la FCPE.

 

 

 

D’abord parce que la décentralisation ne vaut que par ce qu’on en fait. Elle peut être la pire ou la meilleure des choses, suivant qu’elle est un outil au service de féodalités territoriales, ou un levier favorisant la démocratie locale et la prise en compte, au plus près du terrain, des attentes et des besoins des citoyens, articulant une nécessaire souplesse au plan local avec un cadrage rigoureux au plan national, seule solution pour que l’égalité des conditions de la réussite soit garantie à tous sur l’ensemble du territoire.

 

Et ensuite parce que la décentralisation n’est qu’un moyen au service d’une politique, et qu’elle ne peut donc être traitée isolément  du débat national sur l’éducation qui s’impose préalablement.

 

La décentralisation n’est qu’un élément de ce débat. L’isoler de la question globale, c’est à la fois étouffer le débat dans l’œuf et faire de la décentralisation une arme de désengagement des responsabilités de l’Etat en matière de service public.

 

C’est précisément là que l’on retrouve la pensée libérale en action.

 

Directement responsable, le Premier ministre l’est aussi lorsqu’il reçoit les organisations représentatives de parents d’élèves en début d’année scolaire pour mieux les ignorer  quand il s’agit de leur donner la place qui leur revient dans le dialogue social.

Le Premier Ministre est directement responsable de ce double jeu, d’un double langage qui se retournera inévitablement contre sa politique, car on ne méprise pas impunément une part fondamentale de la communauté éducative, qui constitue en même temps une masse non négligeable des citoyens de ce pays.

 

Quels que soient les propos patelins du Chef du gouvernement,  les faits sont là et ils sont têtus :

-          pas un mot pour les parents d’élèves lors de sa solennelle déclaration à l’issue du comité interministériel du 27 mai dernier ;

-          pas un signe envers leurs organisations représentatives lorsqu’il s’est agi de se mettre autour de la table de négociation pour aborder les problèmes de décentralisation.

 

Y aurait-il les mauvais parents d’élèves et les autres ?

Vous savez ceux qui «font de la politique» et ceux qui n’en font pas. Là aussi, une claire mise en point s’impose.

 

Car enfin, on ne peut pas ne pas s’inquiéter de la forte corrélation, pour ne pas dire plus, entre les propos de telle fédération de parents d’élèves et ceux d’un ministre qui, heureuse coïncidence, se trouve disponible pour s’exprimer à la tribune du congrès de la dite fédération.

La PEEP  - puisque c’est d’elle qu’il s’agit – revient à ses vieilles lunes, cède la provocation, agresse la FCPE, car – sans doute en panne d’image – recherche-t-elle, en ressortant de son  grenier des arguments pitoyables, une consécration par l’onction ministérielle.

 

Voici donc la FCPE de nouveau stigmatisée pour «les liens étroits qu’elle entretient avec le syndicalisme enseignant» et pour  «son engagement politique qui la prédispose à s’opposer à tout gouvernement n’appartenant pas à son camp». (je cite)

 

Et sur le même registre, le Ministre de l’Education nationale, au congrès de cette respectable organisation, de vilipender ceux qui, contestant sa politique, veulent obtenir par chantage ce qu’ils n’ont pas réussi à obtenir dans les urnes.

 

Et bien oui, nous, à la FCPE, nous avons une conception politique de l’éducation.

 

Et non une conception partisane de l’éducation.

 

 

 

Oui, nous avons la conviction que tout citoyen, dans un système démocratique, a vocation à prendre toute sa place dans la vie de la cité, à y faire entendre sa voix, à participer au débat collectif, à influer sur la conduite et sur l’avenir de la société dont il est membre à part entière.

 

Défendre une conception politique de l’éducation, c’est faire un choix responsable, un véritable choix de vie et de société, par exemple entre celui qui favorise l’émancipation et l’autonomie par l’éducation pour tous, et celui qui, élitiste, confie à une minorité, la responsabilité de fixer le destin des autres .

 

L’apolitisme, c’est la négation de l’individu en tant que citoyen, c’est la négation du droit donné à l’individu de porter un projet collectif, le droit donné à celui-ci d’obtenir les moyens  pour la mettre en œuvre.

L’apolitisme, c’est l’acceptation résignée de sa sujétion à un ordre prétendument supérieur.

L’apolitisme, c’est l’avatar libéral de l’aliénation de l’individu, triste clone du mouton de Panurge.

 

La FCPE a donc la prétention de participer pleinement au débat démocratique sur l’éducation, d’y défendre une politique d’éducation, celle qui a vocation à favoriser la réussite de tous les jeunes. Pour cela, elle n’a besoin ni de tuteur, ni de «grand frère» ministre pour exister et agir :

-          son projet éducatif en témoigne, qui dépasse les intérêts individuels pour mieux les reprendre en compte au service d’une ambition collective ;

-          sa réflexion permanente y contribue, nourrie par les parents d’élèves et au service des parents d’élèves, comme l’illustre, fort à propos, le thème central de ce congrès qui, par les temps qui courent, n’a pas  été choisi par hasard et se trouve donc parfaitement d’actualité :

«Parents, parents d’élèves, parents citoyens ».

 

La FCPE, chacun le sait, est particulièrement jalouse de son indépendance et soucieuse de son identité : n’est-ce pas d’ailleurs ce qui gêne certains, d’avoir, face à eux, une organisation qui maintient le cap, et qui le fait avec d’autant plus de sérénité qu’elle n’a d’autres intérêts à défendre que ceux des enfants et des jeunes ?

 

N’est-ce pas gênant, finalement, une organisation qu’on ne peut soudoyer, une organisation de parents d’élèves qui n’a même pas d’intérêts propres à préserver, puisque  ce qu’elle revendique, c’est précisément la marche des jeunes vers leur autonomie et leur réalisation personnelle et sociale ?

 

L’indépendance de la FCPE, c’est donc à la fois une volonté et une réalité, vis à vis du pouvoir comme de ses propres partenaires.

 

Quel que soit le gouvernement, la FCPE a su dire non – quoiqu’en pensent les esprits chagrins ou mal intentionnés, dès lors qu’elle jugeait que les orientations ou les décisions allaient à l’encontre de ce qu’elle estime être la mission du service public d’éducation, donc l’intérêt des jeunes.

 

Il suffit pour cela de relire nos comptes rendus de congrès  de 1997 à 2002.

 

Si nous avons salué pendant cette période, un certain nombre d’évolutions que la FCPE a d’ailleurs largement contribué à faire naître, nous n’avons pas mâché nos mots lorsque tel ou tel responsable politique renonçait, reculait, renâclait, se pliait ou trahissait. C’est cela l’indépendance : porter jugement à l’aune de ses propres engagements, et de ses propres valeurs sans se soucier de déplaire ou de séduire. D’autres que nous «apolitiques» comme ils disent, ont choisi l’apolitisme du caméléon.

 

En ce sens, l’apolitisme est l’encéphalogramme plat de la pensée.

 

 

 

Ainsi, puisque certains ont la mémoire courte, rappelons que le groupe dit des «14» s’est construit sur le manque d’ambition d’une transformation du lycée, que nous avons condamné sans nuances, l’abandon brouillon de la «charte pour bâtir l’école du XXIème siècle », le recul sur les TPE, le soutien appuyé aux écoles particularistes, l’attentisme sur le dossier de la gratuité – en s’adressant notamment par une lettre ouverte au Premier ministre en 2001 -, le non-respect par de nombreux établissements de la circulaire relative aux droits des associations de parents d’élèves que nous avons négociée pendant près de 3 ans, le refus de mettre en place, malgré les engagements pris, le groupe interministériel sur le congé de représentation des parents, et, in fine, le statut des parents délégués, etc.

 

 

Face au ministre de l’Education nationale, en 2001, nous avons affirmé :

 

«Nous avons donc toutes les raisons d’exprimer notre position critique sur la façon dont ce gouvernement traîne lourdement les pieds dans la mise ne place de réformes décidées il y a 3 ans, et fondamentales pour l’avenir de notre système éducatif, c’est à dire pour le succès des jeunes».

 

Et nous ajoutions, cette même année :

 

«La FCPE n’est pas consensuelle et ce n’est pas son discours, pas plus qu’elle n’est conciliante et patiente lorsqu’il s’agit de l’avenir des jeunes : elle est exigeante sur les engagements, sur le respect des engagements.

 

Prête à écouter chacun pour juger de ses intentions, la FCPE ne peut comprendre et en tout cas ne servira jamais de tribune à un quelconque candidat.

 

Travailler avec ceux qui ont la responsabilité, la charge des dossiers qui nous préoccupent, oui.

 

Permettre des effets de manche à ceux qui n’ont que des visées électoralistes ne correspond pas à ce que représente pour nous la démocratie et la responsabilité militantes.

 

La FCPE veut l’école de la réussite  pour tous.

 

Elle veut que cette ambition ne soit pas un simple slogan électoral.

 

Elle veut que les promesses  soient tenues».

 

Indépendance, aussi, vis à vis de nos partenaires.

 

Nous avons beau multiplier les communiqués, expliquer notre position : pour les médias, la FCPE est vouée à soutenir.

 

Nous devons les convaincre que ce mot est banni de notre vocabulaire, en tout cas en ce qui concerne nos relations avec nos partenaires.

 

La FCPE n’est pas une force d’appoint, elle n’est pas une variable d’ajustement, elle n’est pas la 5ème roue du carrosse.

 

Pas plus qu’elle n’est un groupe de fans ou de groupies.

 

D’ailleurs nos partenaires, notamment syndicaux, ne demandent pas à être soutenus.

 

Nos analyses sont souvent loin d’être convergentes : j’y reviendrai. Quand elles le sont, chacun s’en félicite, car l’union fait toujours la force : c’est ça aussi, la démocratie, qui s’appuie sur la capacité de transformation sociale assise sur l’adhésion collective et volontaire du plus grand nombre, et qui s’oppose la violence intolérable du modèle imposé par quelques-uns.

 

Dans les relations avec nos partenaires, rien qui s’apparente à une quelconque vassalisation.

 

C’est toute la force de notre concept de coéducation : mobiliser, autour de l’enfant, pour le faire grandir, les énergies de celles et de ceux, qui, à part et à dignité égales, ont en charge les facettes multiples et complémentaires de son éducation.

 

C’est pourquoi, dans le préoccupant mouvement social qui perturbe actuellement notre système éducatif et dont le gouvernement porte l’entière responsabilité, la FCPE parle et agit en son nom propre.

 

Quand elle appelle à participer aux manifestations, c’est qu’elle considère, sans qu’on ait besoin de lui donner de conseils, sans qu’on condescende à réclamer son soutien, que l’union des forces progressistes et émancipatrices est un enjeu pour l’avenir du service public d’éducation.

Pas plus qu’elle n’accepte l’instrumentalisation des parents au plan local quand on les réduit au seul rôle de bateleurs de kermesse ou de collecteurs de fonds, elle n’acceptera qu’ils soient instrumentalisés au niveau national, en tant qu’organisation pour  qui voudrait s’en servir comme force supplétive.

 

××vØØ

 

Dans ce combat commun où nous nous retrouvons largement, nous n’avons pas pour autant perdu notre regard critique.

 

A ne se focaliser sur des problèmes corporatistes – au demeurant légitimes – l’Ecole comme enjeu, l’Ecole comme horizon, l’école républicaine comme lieu de l’intégration et de l’émancipation risque d’être perdue de vue.

 

 

 

A nous de rappeler, si d’autres l’oublient, que le défi, le seul qui compte, c’est de construire l’Ecole pour tous, de ne jamais se résigner à ce que se cristallise une fracture scolaire entre ceux qui ont les moyens de s’en sortir, de fréquenter les meilleures écoles, les meilleurs enseignants, les meilleures conditions de travail, et ceux qui sont confinés, relégués aux marches de la ville et de la vie.

 

 

 

A nous de rappeler, obstinément, qu’il n’y aura pas de solution durable sans une remise à plat radicale de la mission des enseignants, si l’on veut offrir l’aide, l’accompagnement, le soutien à ceux d’entre les élèves qui en sont privés à l’extérieur de l’école.

 

Voici ce qu’il faut avoir le courage de dire si l’on a la volonté de lutter contre l’accumulation des exclusions : sociale, économique, culturelle, ethnique, scolaire.

 

Voilà ce que nous disons, nous la FCPE, en manifestant.

 

Voilà pourquoi nous nous félicitons que les cinq principales fédérations d’enseignants se soient clairement prononcées contre le boycott ou le blocage des examens, car elles savent – nous le vivons, nous, parents, tous les jours- que ce sont les élèves des familles les plus modestes qui en subiront les plus lourdes conséquences.

 

Au gouvernement, maintenant, de retrouver la raison et d’entendre ce qui lui est dit depuis des mois. A lui de renoncer à une politique éducative qui n’est rien d’autre, sur le fond, qu’une politique qui vise à séparer, ce qui est, à ses yeux, le bon grain de l’ivraie ; une politique de discrimination, d’exclusion et de renoncement éducatif qui vise à écarter celles ou ceux qui ne sont pas dans la norme.

 

Exclusion économique, quand, sur près de 4 000 000 de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, près d’un tiers sont des jeunes de moins de 18 ans, dont les parents sont majoritairement inactifs ou au chômage.

 

Exclusion sociale, quand, dès la fin de la classe de 5ème, on organise, sous le masque d’une fausse alternance, l’orientation vers la voie professionnelle, stigmatisée et dévalorisée comme voie d’échec, pour les mêmes élèves, marqués par le même déterminisme social.

Exclusion sociale et économique, quand on attente à la gratuité scolaire en ouvrant toutes grandes les portes du soutien scolaire ou de la photographie scolaire au secteur marchand.

 

Renoncement éducatif quand on remet en cause la place de l’enfant au centre du système éducatif,  érigeant le modèle dominant en norme et refusant d’accueillir, d’éduquer et d’instruire l’enfant-élève dans sa diversité.

 

Renoncement éducatif quand on crée des centres fermés d’éducation – quelle redoutable contradiction dans les termes – et qu’on fait entrer les ateliers-relais dans la liste des sanctions.

 

Renoncement éducatif quand l’école de la République, excluant sans discernement les jeunes filles voilées, manque gravement à son devoir d’intégration et favorise ainsi le développement du réseau d’écoles privées.

 

Renoncement éducatif encore, et exclusion socio-économique aussi, quand le ministre délégué remet en cause la scolarisation des enfants de moins de trois ans et incite discrètement les inspections académiques à jouer sur cette variable d’ajustement.

 

Voilà ce qui indigne la FCPE, voici ce qui l’irrite au plus haut point, voilà ce qui la fait agir.

 

Voilà pourquoi, Messieurs les ministres, les parents vous disent : c’en est assez !

 

Ils en ont aussi assez de ce discours ministériel qui dénigre à plaisir l’école publique pour mieux la soumettre aux appétits marchands.

 

Ils en ont assez de ce discours ridicule sur cette école mythique d’antan, car, en vérité, c’était l’époque où chacun suivant son origine sociale, voyait son destin scolaire, professionnel et social définitivement scellé, l’époque de l’injustice solidement établie sur la fortune et la naissance.

 

Ce que les parents rejettent, c’est la conception profondément réactionnaire et restauratrice à la manière de Louis XVIII qui anime le gouvernement en matière d’éducation.

Réactionnaire, parce que le Ministre est persuadé que c’était mieux avant, du temps où le chacun restait à sa place.

 

Restauratrice, parce qu’il veut à tout prix retrouver cet ordre ancien.

 

Et voilà qu’à nouveau le Premier ministre et ses ministres chargés de l’Education – ils sont de plus en plus nombreux – appellent au grand débat national sur l’école, car, comme l’écrit Xavier Darcos avec une emphase populaire qu’on ne lui connaissait pas, « … c’est au peuple que doit revenir le dernier mot… ».

 

Et bien, Messieurs les ministres, ce débat ne nous fait pas peur. Nous l’appelons de nos vœux, et bien au-delà du débat d’initiés.

 

Nous le voulons démocratique, sans tabous, méthodiquement organisé, pour que chaque citoyen puisse s’exprimer sans que la parole soit confisquée par les experts.

 

C’est d’ailleurs ainsi que nous avons procédé, lorsque, lors de notre colloque, nous avons invité à débattre parents, chercheurs, syndicalistes des confédérations ouvrières et représentants du patronat et des entreprises.

 

Mais qu’on ne compte pas sur la FCPE pour rester passive face à ce qui se présente à l’horizon, c’est à dire une remise en cause fondamentale de la loi d’Orientation sur l’éducation du 10 juillet 1989.

 

Disons-le clairement : si tel était le cas, le Ministre, quel qu’il soit, nous trouvera sur son chemin non par volonté d’obstruction systématique mais parce que le principe de la place de l’enfant au centre du système éducatif n’est pas négociable.

 

 

C’est pourquoi, cher(e)s ami(e)s, cher(e)s camarades, je nous invite à faire de ce congrès un temps fort, fructueux, dynamique, résolu, engagé, une étape importante d’une mobilisation qui ne doit pas faiblir !

 

 

 

INTERVENTION DU CDPE 45 sur l’activité de la Fédération en 2002-2003

 

*****

 

 

Cher Georges,

Chers Administrateurs Nationaux,

 

 

J’ai été chargée par notre conseil d’administration du Loiret de vous dire – ou plutôt de vous redire, car notre propos était quasiment identique au Congrès d’Aix en Provence ou d’Arras - que: bien que nous reconnaissions tout le travail effectué par la fédération cette année (et Dieu sait si les projets gouvernementaux ont occasionné un surcroît de travail et de mobilisation), malgré cela nous sommes restés « sur notre faim ».

 

Certes, le rappel des grands principes qui fondent notre projet éducatif est essentiel, mais il n’est plus suffisant.

 

Au moment où nous réclamons avec force, aux côtés de nombreux mouvements d’éducation, un grand débat public pour une école réellement démocratique, une école de la réussite pour tous, nous pensons que la fédération doit devenir force de propositions, et de propositions concrètes.

 

Nous allons donc vous proposer des exemples très concrets :

1)      La fédération pourrait promouvoir de façon beaucoup plus active que maintenant, pourrait aider à la diffusion des projets pédagogiques innovants qui existent et qui marchent.

Car l’Ecole qui mène à la réussite de tous les enfants, ça existe. Et je vous invite à vous joindre à un appel en faveur d’établissements scolaires innovants coopératifs que vous trouverez dans la salle en haut.

 

2)      Une 2ème action pourrait consister à reprendre au niveau national un projet de guide rédigé par le CDPE , intitulé « Vers un meilleur partenariat Familles-Ecole », pour lequel nous n’avons pas obtenu malheureusement les subventions nécessaires à son impression et sa diffusion au niveau départemental.

On y retrouve de nombreuses initiatives qui ont été évoquées depuis ce matin.

 

3)      Une 3ème action concrète concerne plus l’avenir de notre fédération : nous attendions de la fédération à l’occasion de ce congrès, une grande enquête pour mieux connaître les attentes des familles, pour mieux savoir aussi comment rejoindre les parents, tous milieux sociaux et toutes cultures confondues, car c’est une condition indispensable pour que notre fédération pèse réellement de tout son poids dans le débat public sur l’Education.

 

Ces trois exemples particuliers auront illustré, je l’espère, ce que nous attendons de la fédération : Etre, beaucoup plus que maintenant, et c’est urgent, une force de propositions concrètes pour réformer l’Ecole en profondeur au service de tous les enfants.